Le Président Abdou Diouf fête aujourd’hui ses 91 ANS … Joyeux anniversaire!

Grand merci à cet architecte et au père bâtisseur discret de la démocratie plurielle sénégalaise. Il n’a jamais été atteint par ce que l’on appelle l’ivresse du pouvoir.

Il appela au téléphone son éternel rival Me Wade dès le lendemain du deuxième tour de la présidentielle du 19 mars 2000, à 09h00 pour le féliciter pour sa victoire avant même la proclamation provisoire des résultats ! Quelle grandeur ! Un acte devenu banal aujourd’hui et une tradition républicaine au Sénégal chez tous ceux qui lui ont succédé .

Il a donné Une grande leçon de démocratie à l’Afrique et toute l’humanité entière. Faisant de cet acte symbolique une tradition à suivre chez toutes les transitions démocratiques apaisées .

Abdou Diouf mériterait le Prix Nobel de l’intégrité et de la rigueur morale mais aussi du Nobel de la paix : (Casamance , Mauritanie , Gambie , Guinée Bissau , Afrique du Sud-Apartheid ,  Koweït , Golf Arabe ) ; Pour ne citer que cela.

Très longue vie de bonne santé 

BILAN MATÉRIEL ET IMMATÉRIEL , HÉRITAGE ET LÈGUE D’UN SERVITEUR DE LA RÉPUBLIQUE

Né un 7 septembre 1935 à Louga,  Abdou Diouf célèbre aujourd’hui ses 90 ans. Joyeux anniversaire à ce grand serviteur de la République du Sénégal.

Un grand commis de l’État hors Pair. Un démocrate fairplay jusqu’au Bout, doublé de rigueur morale et probité intellectuelle. Un Homme d’éthique et de devoir. Fiable. Agissant toujours par obligation pour l’intérêt général avec mesure et un sens élevé de l’État. Enfin, un humaniste et panafricaniste …

Je veux nommer le Président Abdou Diouf, un leader discret, humble et modeste. Un Sénégalais patriote, digne et surtout intègre au parcours unique et exceptionnel .

DEUG en droit de l’Université de Dakar en 1957, Licencié en droit en 1958 de L’Université Paris-Sorbonne. Diplômé d’étude supérieur en 1960 de L’École nationale d’administration de la France D’Outre-Mer (ENFOM) où il sort major de sa promotion. Il est nommé dès son retour au Sénégal, à 25 ans, un 11 décembre 1961 (jour de naissance de Macky Sall à Fatick dans le Sine Saloum), Gouverneur de la Région de Sine Saloum. Une Région dans laquelle mon défunt regretté père Mamadou Moustapha Dramé était député socialiste diaiste à ce moment-là. Député de 1er rang en charge, responsable politique, secrétaire général de la Coordination départementale BDS du Sine Saloum et aussi grand ami fidèle, compagnon et 1er chef de cabinet. de 1956 jusqu’à 1960, du ministre de l’Intérieur Me Valdiodio Ndiaye sous la période de la Semi-autonomie interne (Loi cadre Defferre – 1956 à 1960).

Après la grande crise politique et séparation le 17 décembre 1962 entre Dia et Senghor, Abdou Diouf fut indexé comme dissident et pro-Dia ainsi que le Gouverneur Arona Sy de la Casamance parce qu’il n’avait pas signé l’acte d’allégeance au Président Senghor demandé aux 7 Gouverneurs des régions du Sénégal.

Abdou Diouf sera écarté et relevé de ses fonctions de gouverneur pour cet acte légaliste hautement républicain et non partisan. Choix osé qui ne laissera pas sans doute indifférent le Président Senghor.

Il faut dire que tout cela alors qu’Abdou Diouf n’a que 26 ans.

Après quelques brefs mois et un court passage comme directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères dirigé par Me Doudou Thiam, le Président Senghor qui tenait apparemment à Abdou Diouf et voulait impérativement du grand commis de l’État qu’il soit auprès de lui, le fait venir à ses côtés en le nommant directeur de cabinet de Juin 1963 à 1964, avant de le nommer secrétaire général de la présidence de 1964 à 1968, ensuite ministre du Plan et de l’Industrie de 1968 à 1970, puis Premier ministre pendant 10 années et 11 mois durant sans interruption de février 1970 au 31 décembre 1980 avant d’en faire le Président de la République du Sénégal du le 1er Janvier 1981. Présidence qu’il occupera pendant 19 années jusqu’au 19 Mars 2000.

Il appela ainsi par téléphone son éternel rival Me Wade le lendemain u deuxième tour de la présidentielle du du 19 mars 2000 à 09H00 pour le féliciter de sa victoire avant même la proclamation provisoire des résultats !

Quelle Grandeur à travers cet acte devenu aujourd’hui banal et une tradition républicaine au Sénégal chez tous ceux qui l’ont Succédé.

Abdou Diouf, ce sont 39 années continues de vie publique consécutives menées dans des différentes sphères et stations au plus haut sommet de l’État. L’adage nous dit : Gouverneur à 25 ans, Premier ministre à 35 ans, président de la République à 45 ans, Retraité politique à 65 ans. Quelqu’un dira qu’il a accédé à la sagesse avant l’âge.

Dès son accession à la magistrature suprême le 1er janvier 198, il Instaure le multipartisme Intégral en mai de la même année. Marquant le début d’ouverture et prolifération de partis politiques d’opposition légalement constitués, jadis dans la clandestinité. «Jaakka ga gi, ku mën në noddë » (La mosquée est là, qui peut, appelle à la prière », disait-il. Il est l’architecte et le grand bâtisseur discret de la démocratie sénégalaise .

À la présidentielle de 1983, Abdou Diouf a le privilège et grand honneur de bénéficier du soutien de taille de deux grandes personnalités et figures emblématiques de l’histoire politique sénégalaise. Deux figures qui ne se présenteront pas contre lui. Elles vont le soutenir et lui servir de caution. Je veux nommer mes oncle et père affectifs Me Valdiodio Ndiaye et le professeur Cheikh Anta Diop.

Il faut le rappeler, Me Valdiodio Ndiaye était le chouchou de Dia et la 3ème personnalité de l’État après Senghor et Dia, de 1956 à décembre1962. Il avait un destin présidentiel.

Homme compétent et toujours très rigoureux dans le travail, Abdou Diouf va endurer 24 longues années de rudes et extrêmes sécheresses pluviométriques de 1968 à 1993 exceptée 1989 qui fut une année pluvieuse, normale ou satisfaisante par endroit.

L’année 1994 marquera le début des bonnes pluviométries au Sénégal jusqu’à aujourd’hui. Le déficit extrême de pluies durant ces 3 décennies consécutives entraîneront des conséquences économiques dramatiques et très désastreuses sur l’agriculture, l’élevage et conséquemment sur toute l’économie sociale du pays. Ces épisodes ont provoqué en même temps d’Importantes pertes de bétail et de mauvaises récoltes pour les agriculteurs .

Les années 1971-72-73-74 vont être le théâtre du grand exode rural vers Dakar, sa banlieue et métropole. Il faut noter que cette sécheresse se caractérise par sa durée, son Intensité et surtout son extension. Les années luviométriques les plus extrêmes sont : 1971,1972 , 1973 , 1974 ,1976 , 1977, 1979,1983 , 1984 , 1990 , 1991 et 1992.

Abdou Diouf subira rudement les contre coups de l’appauvrissement structurel des économies africaines durant cette période engendrée par une forte chute des exportations et une balance commerciale déficitaire qui causera  une détérioration accrue des termes de L’échange entre les pays du Nord Industrialisés et ceux du Sud global, leTiers monde.

À cela, s’ajoutent deux grands chocs pétroliers. En 1973, le  prix du baril passe de 1,80 dollar à 15 dollars, mettant fin aux 30 années glorieuses des économies Européennes, particulièrement française. Puis arriver le 2ème choc pétrolier de 1979 avec le prix du baril qui passe de $10 à $40. Deux chocs pétroliers qui vont avoir des conséquences dévastatrices et répercussions sur l’économie mondiale et durement sur les économies africaines et du Tiers monde.

Abdou Diouf a souffert de tout cela et des contre coups. Gouvernant dans la douleur du dictat des ajustements structurels du FMI débuté à partir de 1979 avec le Plan de stabilisation, une réponse d’urgence pour faire face aux profonds déséquilibres macroéconomiques et financiers de l’État. Ces ajustements se prolongeront tout au long des années 80 et 90, imposés par le FMI & la Banque Mondiale.

Abdou Diouf a subi et supporté 20 années d’ajustement structurel continu qui a fini par pénaliser et retarder les investissements infrastructurels de l’autoroute telle que Dakar-Thiès sans péage long de 70 km pour un coût global de 60 milliards FCFA.

En 1978, on avait déjà fait l’objet d’études techniques très poussées, menées par le cabinet suisse Electrowatt. Des appels d’offres avaient été lancés. Pour sa construction et matérialisation. Ils furent bloqués et stoppés en 1979 par le FMI par la Banque mondiale qui devait financer ce grand projet d’infrastructure stratégique pour l’économie du Sénégal .

À partir de 1979, arrive le 1er Plan de stabilisation et en 1980 le Plan d’urgence économique et financier. Il faut souligner que tous les autres projets similaires de drandes envergures de développement infrastructurel du Sénégal comme l’autoroute côtière Dakar-St Louis seront bloqués ou gelés par le FMI. C’est le signal du début des ajustements structurels au Sénégal et en Afrique subsaharienne.

Le sursaut national

Pour faire face aux graves crises économiques du début des années 80, le Président Abdou Diouf lance un appel et le concept du sursaut national dès les débuts de sa prise de fonction en 1981 afin de mobiliser toute la nation sénégalaise face à la grave crise économique et sociale qui s’était Installée dans le pays.

Ce début des années 80 marque aussi le commencement des suppressions de plusieurs lignes budgétaires de l’état à caractère social comme les fournitures gratuites aux écoliers du primaire et secondaire et les demi-pensions à l’école primaire, Internats de lycéens aussi qui étaient jadis la marque déposée des politiques socialistes des années 1960 et 70.

Les sécheresses accumulées sur toute la décennie 1970 et les 2 chocs pétroliers de 1973 et 1979 entraînent une inflation galopante et une forte diminution du pouvoir d’achat des Sénégalais, sans oublier la hausse du prix de l’électricité, de l’eau, du transport, des denrées de première nécessité, etc.

Dans ce contexte d’ajustement structurel et d’accentuation de la crise financière débuté dès 1979, le FMI et les bailleurs de fonds exigent en 1993 des mesures supplémentaires de baisse drastique du train de vie l’État. C’est ainsi que naquit le Plan Sakho-Loum, 1993-1995, qui va réduire les salaires des fonctionnaires de 15 %, de 25% pour les députés et administrateurs publics, de 50% pour le Président Diouf et de 50% de ses propres fonds politiques.

Par ailleurs, les réductions de la masse salariale dans la fonction publique imposées par le FMI ont entraîné une baisse drastique de la taille des agents fonctionnaires de l’administration publique avec les politiques de départ volontaire payé. Départs volontaires qui vont créer et provoquer des drames familiaux et socio-économiques durant les années 1980-1990. La fonction publique ayant toujours été auparavant et pendant des décennies le 1er pourvoyeur d’emplois fixes et stables dans le Sénégal postindépendance.

Après tous ces ajustements structurels cités et appliqués , ils seront jugés insuffisant par le FMI. La dévaluation monétaire du FCFA de 50% est jugée inévitable. Elle survient le 11 janvier 1994. Il faut le dire, Abdou Diouf est le chef de l’Etat sénégalais qui le plus longtemps souffert des ajustements structurels et de leurs conséquences. Fi mu jaar, ku fa jaar taxë baan* (Dicton wolof). Il a fait sacrifice de sa personne et don de soi sans relâche pour le Sénégal durant 40 années consécutives.